Pygargues, hérons, castors et ours noirs au lac Blanc
Il n’y a pas si longtemps encore, les pourvoiries étaient le rendez-vous exclusif des chasseurs et pêcheurs. …Mais les temps ont changé.
Au court des dernières décennies, l’intérêt pour la chasse et la pêche a diminué de façon importante au Québec comme ailleurs. Désirant se renouveler, de nombreuses pourvoiries se sont ouvertes à d’autres activités de plein air, notamment l’observation de la nature.
À la Pourvoirie du Lac-Blanc, près de St-Alexis-des-Monts, en Mauricie, on pêche toujours et on chasse encore un peu. Toutefois, la clientèle a changé du tout au tout. Les «vrais» pêcheurs on cédé leur place au touriste en mal de contact avec la nature.
En plus de la pêche, la pourvoirie du Lac-Blanc offre des activités typiques telles que tour d’hydravion, randonnée en canot et en kayak, baignade, interprétation de la trappe et observation de la faune.
L’activité d’observation de la faune offre aux visiteurs la chance de voir de près des castors et des ours noirs. Lors de mes visites au Lac-Blanc, j’ai pu constater à quel point les animaux sauvages sont facile d’accès.
Accompagné d’un guide, on s’installe confortablement sur la rive d’un petit lac. Sur l’autre rive, à moins de cent mètres, de la nourriture disposée à l’attention des ours attire à coup sûr les gros nounours.
La semaine dernière, ce ne sont pas un ou deux ours noirs qui se sont présentés, mais sept! Une première femelle accompagnée de deux petits a été rejointe par une autre mère et ses petits.Quelques minutes plus tard, un gros mâle se pointait le nez, obligeant quelques petits à se réfugier dans le haut des arbres et les autres à fuir. Inutile de dire que les visiteurs, des touristes français surtout, avaient l’index rivé sur le déclencheur de leurs appareils photo!
Le castor, animal généralement discret et craintif est un autre résident du lac Blanc que l’on peut observer de près. De près? De très près! Assis sur une grosse pierre à côté d’un barrage, j’ai pu photographier à loisir un couple de castors qui allait et venait à quelques mètres seulement de mon objectif.
Dans un grand arbre mort, de l’autre côté de l’étang, un pygargue à tête blanche m’observait. Cet oiseau de proie immense ne se voit que rarement au sud du Québec et se laisse difficilement approcher.
Ce sont les guides de la pourvoirie qui m’ont indiqué que quatre pygargues se réunissaient souvent autour d’un lac facilement accessible, à quelques pas de l’auberge du Lac-Blanc. Selon eux, à cet endroit, j’aurais de meilleurs chance de photographier ces oiseaux.
Les pygargues étaient bel et bien au rendez-vous. Deux oiseaux perchés dans un arbre là-bas et deux autres au dessus de moi, dans le ciel.
À bord d’une chaloupe, je me suis approché de la rive opposée du lac où un grand héron pêchait. Je savais bien que ce grand échassier est très difficile à approcher, mais pourquoi ne pas tenter ma chance?
À ma très grande surprise, le grand héron s’est laissé approché jusqu’à moins de cinq mètres. Au Québec, je n’avais jamais vu ça. De plus en plus nerveux, il a fini par décoller pour rejoindre un autre héron, plus loin.
Longeant la rive, j’ai pu observer de longues minutes le ballet des pygargues qui volaient d’arbres en arbres, se posant parfois sur la plage et se poursuivant les uns les autres de le ciel. Quel spectacle!
Même dans les Everglades et à l’île d’Anticosti où les pygargues à tête blanche sont relativement communs, je n’ai pu voir aussi bien ces rapaces magnifiques.
Sincèrement, je crois que la Pourvoirie du Lac-Blanc est l’endroit où l’on a le plus de chance d’observer des pygargues, castors et ours à moins de 2 heures de route de Montréal ou de Québec. La pourvoirie pourrait changer son ancien publicité qui disais : « Là où sa mord tout l’temps » par « là où l’observation des pygargues, ours et castors est garantie » !






Wow, c’est beau, les photos sont vraiment magnifiques. Bravo Michel.