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2 Oct
2012

Safari photo en Gaspésie : les yeux dans les yeux avec les orignaux

Voir un orignal de près, c’est bien. En voir plusieurs, de très, très près, c’est mieux! Mon safari photo à l’auberge des Chic-Chocs m’a donné cette occasion unique de photographier le roi de nos forêts.

Orignal

Un bien beau «buck» à deux pas de l’auberge.

Depuis le milieu de l’été, je vois passer de très belles photos d’orignaux sur la page Facebook de l’auberge des Chic-Chocs.

En septembre, voilà que je suis mandaté par le ministère du Tourisme pour réaliser les photos qui vont illustrer la brochure chasse et pêche de l’an prochain. Sur ma liste, entre autres sujets : des photos d’orignaux en milieu naturel.

La première destination de mon safari photo sera donc l’auberge des Chic-Chocs! Guy Laroche, le directeur de l’auberge, m’accompagne pour une première sortie. Nous empruntons un véhicule tout terrain de l’auberge pour nous rendre d’abord sur la rive d’un petit lac où une belle bête a été observée la semaine précédente.

Guy appelle l’orignal à quelques reprises, mais sans succès. Autour, rien ne bouge. Nous repartons sur le sentier pour nous arrêter un quelques centaines de mètres de l’auberge.

Orignal Chic-Chocs safari photo

Un bel orignal observé de très près, à quelques pas seulement de l’Auberge des Chic-Chocs.

Le moteur arrêté, un bruit rompt le silence. Une silhouette sombre apparaît entre les arbres, aussitôt suivie d’une autre. Un orignal! Et tout près en plus! C’est une grosse femelle.

Derrière elle, un jeune mâle de trois ans bien décidé à lui faire la cour. Un troisième animal se pointe le museau. C’est un mâle, beaucoup plus gros que le premier. Aucun de ses orignaux ne semble nous avoir vus. Ou du moins, s’ils nous ont vus, il est clair qu’ils ne se soucient pas de notre présence.

C’est présentement la saison du rut. La femelle tourne autour du gros mâle alors que le plus jeune essaie de s’en approcher. Le gros mâle tente de monter la femelle, mais madame n’est pas prête.

Le jeune mâle s’approche à son tour et reçoit une ruade en pleine gueule. C’est que madame a déjà fait son choix : c’est le gros « buck » qu’elle veut.

Orignal mâle Chic-Chocs

Un autre mâle prêt à s’accoupler.

« C’est presque la pleine lune. Dans les prochaines heures, elle sera prête à s’accoupler avec le mâle de son choix », indique Guy. Entre temps, le petit groupe se roule tour à tour dans la boue, histoire de s’imprégner des odeurs des autres. Tout ça devant nous, à moins de 10 mètres.

« Depuis les années que je suis à l’auberge, je n’ai jamais vu un tel spectacle », s’exclame Guy. La nuit tombe; on n’y voit presque plus. C’est l’heure de rentrer à l’auberge pour un repas bien mérité.

Femelle orignal Chic-Chocs (Gaspésie)

Une femelle orignal, bien calme malgré ma présence à quelques mètres d’elle et de son petit.

Le lendemain matin, je sors à l’aube pour essayer de retrouver les bêtes de la veille. En mettant le pied dehors de l’auberge, j’entends le brame des orignaux qui se mêle aux hurlements des coyotes.

Quelques mésangeais et un épervier y ajoutent leurs cris. Je fais quelques pas dans le sentier qui descend de l’auberge vers le secteur où nous étions la veille.

À moins de 50 mètres, je repère une grosse femelle qui somnole sous un arbre. Son rejeton est quelques pas derrière. Je suis le sentier qui passe à quelques mètres d’elle. Aucune autre réaction de sa part.

Un peu plus loin, je croise une autre femelle, elle aussi avec son rejeton. J’entends toujours le brame d’autres orignaux et des bruits de branches cassées. Ça semble provenir du fond de la vallée. Je perçois un bruit sourd juste devant moi.

Occupé à observer les femelles et leurs petits, je n’avais pas vu ce gros mâle debout derrière les arbres. Ce n’est pas le même qu’hier, il est encore plus gros et son panache est beaucoup plus grand.

Je m’approche pour faire quelques photos et quelques séquences vidéo. Il me fixe en hochant la tête. Me sentir observé de telle sorte par une bête cornue qui doit faire 500 kilos me rend nerveux. Un orignal en rut peut être très dangereux. Je recule pour me placer derrière quelques arbres.

Il fait quelques pas vers moi sans me quitter des yeux. Nous restons ainsi immobiles plusieurs minutes à moins de dix mètres l’un de l’autre. Il se désintéresse enfin de moi, distrait par un jeune mâle qui marche dans la forêt plus bas.

J’en profite pour déguerpir. Mes sorties suivantes autour de l’auberge ne sont pas aussi fructueuses. Le temps s’est couvert et le vent du sud-ouest s’est changé en Nordais.

Les orignaux se font maintenant silencieux et peureux. Le moment magique est passé. Observer la nature c’est comme ça. Il faut être au bon endroit au bon moment.

Un commentaire
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    1.
  1. Quelle belle expérience. J’adore les orignaux probablement pcq c’est si difficile de les voir et qu’ils sont si majestueux.

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