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15 Août
2017

Pêcher le crabe en Gaspésie avec L’Omirlou

Vivre pour une journée la vraie vie de pêcheur côtier, partir en mer avant les premiers rayons du soleil pour la levée des casiers de homard ou de crabe, être témoin du dur labeur quotidien des pêcheurs, c’est ce que propose L’Omirlou en Gaspésie.

Pêcher le crabe en Gaspésie avec l'Omirlou

Quelques kilomètres passé le centre du village de Bonaventure, nous arrivons devant une jolie maison ancestrale entourée d’un balcon fleuri de nombreux paniers.

Un chien beige un peu timide vient à la rencontre de notre voiture. Plusieurs bâtiments de bois peints du même vert que la maison complètent l’ensemble impeccablement tenu. Un chat roux couché sur une chaise baille notre arrivée.

Line ouvre la porte de sa demeure et nous accueille d’un beau sourire. Elle nous invite à l’intérieur pour poser nos bagages. La maison décorée de meubles anciens, de dentelles et de jolis objets de la mer est aussi invitante que ses hôtes. Un vase de verre orné d’étoiles de mer sert de chandelier. À côté, des fleurs fraîches du jardin trônent au centre de la table dressée pour le repas. 

Deux chambres et deux salles de bains se trouvent à l’étage. Notre chambre est la plus grande avec son grand lit de métal, une commode avec un miroir et une chaise complètent simplement le décor chaleureux.

Tout est en bois, les murs et le plafond sont couverts de lattes peintes jaune et blanc qui contrastent le plancher et les meubles teints d’un brun foncé. Une grosse douillette au motif carrelée, des draps soyeux et de gros oreillers moelleux invitent à la sieste. La maison est d’une propreté impeccable.   

Vers 18 h, Line nous invite à table. Au menu, bien entendu, des fruits de mer pêchés la veille qu’elle nous sert sur des pâtes avec une très bonne salade César suivie d’un excellent dessert au sirop d’érable. Après un ou deux verres de vin, c’est l’heure d’aller se coucher; il faut se lever à 3 heures du matin pour partir à la pêche.

Le coq du voisin n’a même pas la chance de nous servir son cocorico que nous envahissons la cuisine. Line nous a préparé du café et un petit-déjeuner vite fait pour ne pas retarder les pêcheurs.

Bien éveillés et enthousiastes, nous allons pêcher le crabe en Gaspésie !

 

Pêcher le crabe en Gaspésie avec L'Omirlou

Le capitaine Sylvain Arseneault aux commande de son bateau : L’Omirlou.

L’équipage est composé de Sylvain, capitaine et pêcheur commercial, son fils Louis-Philippe et Maxim Boudreau, un aide pêcheur. Line se joint à nous. Il fait encore bien noir quand nous arrivons au quai des pêcheurs où se trouve le bateau.

Une fois à bord, on enfile des vêtements imperméables qui nous permettrons d’oublier les bancs mouillés. Nous sortons nos caméras pour ne pas perdre un instant du spectacle de la vie quotidienne de ces vrais pêcheurs gaspésiens. 

Dans nos rôles de voyeurs plus que de participants, on s’étonne de voir combien les gestes des marins sont rythmés et fluides. On dirait une dance chorégraphiée avec un souci d’exactitude. Chacun connaît exactement les mouvements à exécuter. 

Après un bon moment en mer, Sylvain conduit le bateau vers une bouée qui indique où est située la première cage de la série à vider. Maxim, assis sur le bord du bateau scrute la mer, armé d’un crochet pour remonter le câble qui retient la cage. Louis-Philippe accroche la corde sur un treuil et remonte la cage. Sylvain immobilise le bateau et vient le rejoindre. Il empoigne la cage qui grouille de crabes.

Pêcher le crabe en Gaspésie avec l'Omirlou

D’un élan qui semble demander un effort considérable, il vide son contenu dans les bacs. Il donne quelques coups pour aider les crabes accrochés par leurs pinces au filet, à se détacher.

Louis-Philippe trie rapidement le contenu du bac en lançant par dessus bord les crabes trop petits pour satisfaire aux normes bien précises. Il a l’œil si expérimenté qu’il repère en une fraction de seconde les dimensions des crabes au millimètre près.

Il faut dire qu’il est presque né sur un bateau de pêche. Line nous raconte qu’elle le couchait dans les bacs à crabe vide quand il était tout petit. Il a toujours aimé suivre son père en mer, il reprendra sans doute l’entreprise lorsque Sylvain décidera de prendre sa retraite, mais ce n’est pas demain la veille…

Pêcher le crabe en Gaspésie avec L'Omirlou

Sylvain et Louis-Philippe remontent un casier plein de crabes.

Sylvain, relance la cage par-dessus bord après avoir soigneusement remis un appât au fond de celle-ci. Il reprend alors les rênes de son embarcation, il consulte ses instruments qui lui indiquent la prochaine destination, l’emplacement où se trouve la prochaine cage.

Pêcher le crabe en Gaspésie avec l'Omirlou

Louis-Philippe Arseneault, le fils du capitaine, et quelques prises.

Un épais brouillard masque le lever du soleil. L’effet est magique, la mer est calme. Des ombres de bateaux se dessinent puis percent les épais nuages.

La lumière change, il fait de plus en plus clair. Des oiseaux tournoient autour de nous réclamant des débris de crabes ou de petits poissons.

La valse des pêcheurs et des crabes au rythme des vagues se répète ainsi jusqu’au levé du brouillard laissant place au soleil. Il doit être neuf heures du matin quand nous regagnons la rive.

Étoiles de mer, oursins et dollars des sables : la matière première des créations de l’atelier L’Omirlou.

Des étoiles de mer et des oursins remontés par accident dans les cages sont cueillis par Line. Elle songe déjà aux œuvres d’art qu’elle fera naître entre ses doigts de fée. Dans son atelier, que l’on visite à notre retour, se trouvent ces trésors auxquels elle donne une nouvelle vie.

Des algues colorées deviendront des ornements de cadeaux, remplaçant les traditionnels rubans et papiers de soie. Des oursins, sertis d’étoiles de mer vernies de poudre dorée prendront la forme d’une boule de noël.

Pêcher le crabe en Gaspésie avec L'Omirlou

Line Arseneault travaille à l’une de ses créations dans son atelier de Bonaventure.

De minuscules étoiles de mer entourées de fils d’argent pendront bientôt aux oreilles des dames tandis que d’autres se transformeront en bouquets de fleurs. Je n’ai pu résister à l’achat d’une jolie boule de Noël pour offrir en cadeau à ma sœur. 

J’adore vivre ces expériences authentiques en voyage, comprendre un peu mieux la vie des autres en partageant leur quotidien, apprendre ce qui les passionne, comment ils vivent dans leur coin de pays. On en sort riches de rencontres qui se transforment parfois même en amitié. Quels merveilleux souvenirs de partage !

À savoir :

  • En mai et juin, on pêche le homard et le maquereau.
  • En juillet, c’est la pêche sportive au maquereau.
  • En août et septembre, on pêche le crabe commun et le maquereau.
  • L’Omirlou est situé à Bonaventure, dans la baie des Chaleurs, en Gaspésie.

 

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